Nos méthodes

 
A l’ère de l’éclectisme méthodologique relevé par des anthropologues, philosophes ou pédagogues depuis une vingtaine d’année, nous développons de nouvelles approches de la société, basées sur la réflexivité et la rigueur scientifique des Sciences Humaines et Sociales, tout en nous inspirant des méthodes agiles et du design afin d’adapter nos études aux contextes sociaux de plus en plus dynamiques et mouvants et à un espace-temps d’analyse parfois restreint.

Notre maîtrise des méthodes d’enquête et d’analyse en Sciences Humaines et Sociales nous permet d’hybrider des méthodes existantes (comme les “mix méthodes”) ou d’en créer de nouvelles (comme les cartes à dire d’acteurs, inspirées des cartographies subjectives et de la zonation à dire d’acteurs).
Comment travaillons-nous ?
- Nous mobilisons systématiquement plusieurs méthodes de recrutement des personnes que nous interrogeons (appels téléphoniques, mailing, porte-à-porte…) pour favoriser l’accès à la parole des habitants les moins visibles.

- Quelle que soit la taille de l’enquête réalisée, nous combinons plusieurs méthodes de collecte et d’analyse des données sociales (entretiens, cartographies, questionnaires, procédés de recension…) afin de consolider notre protocole d’enquête et d’éviter la focalisation sur les effets marginaux.

- Nous utilisons différentes méthodes de représentations graphiques et visuelles pour la présentation des résultats et des recommandations issus de nos études.

Méthodes visuelles

Exemple : les cartes subjectives/ à dires d’acteurs

Il s’agit d’une démarche innovante permettant d’interroger, entre autres, les notions de « participation », d’« usage » et de « mobilité » que nous mobilisons dans la rénovation urbaine, mais qui peut aussi se décliner dans d’autres contextes.
Les cartes subjectives des quartiers permettent de visualiser les déplacements réalisés par les habitants mais donnent également à voir une analyse plus spécifique présentant les représentations des habitants de leur quartier, leurs relations sociales, leur fréquentation des diverses infrastructures ou encore leur regard sur le projet de rénovation urbaine en cours.

Voici un exemple de carte subjective du quartier de la Bourgogne à Tourcoing :
Exemple de carte subjective du quartier de la Bourgogne à Tourcoing

Pour aller plus loin...

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Le travail de géographie subjective de Catherine Jourdan
Les cartes à dires d’experts et d’acteurs développées par le Cirad

Méthodes thématiques et analyse discursive

Nous utilisons différentes méthodes d’enquêtes qualitatives issues de la socio-anthropologie permettant de collecter les discours des acteurs d’un projet. Parce qu’ils sont les mieux placés pour parler d’eux-mêmes et de leur quotidien, nous attachons une importance particulière à travailler à partir des termes employés par les acteurs. Ces termes nous permettent de présenter fidèlement l’expertise d’usage développée par les acteurs, mais aussi de présenter l’analyse pratique qu’ils font de leur quotidien, de leurs situations, voire de leurs rationalités. Parmi l'ensemble de ces méthodes, voici celles que nous employons le plus régulièrement :

L’observation de terrain : nous opérons une immersion sur le terrain d’enquête et essayons d’être au plus proche de la population enquêtée.
Les entretiens semi-dirigés : méthode d’enquête classique de la socio-anthropologie, les entretiens qualitatifs, d’une durée moyenne de 90 minutes, permettent d’interroger en profondeur les logiques des acteurs.
Les entretiens de rue : cette méthode inspirée du journalisme nous permet de recueillir les propos des habitants sur un sujet précis, sous forme d’expression libre et courte afin d’obtenir un panel de réponses large et diversifié.
Les entretiens de groupe : en réunissant différents acteurs et en utilisant les méthodes de l’entretien couplées aux techniques de facilitation de groupe, les entretiens de groupe permettent de travailler sur les pratiques et logiques communes propres à une même catégorie d’acteurs, tout en les impliquant directement dans la production de l’analyse.

Nos outils d'analyse

Nous travaillons avec l’appui de logiciels d’aide à l’analyse qualitative (NVivo®, Dedoose®, RQDA…) qui viennent consolider le travail d’analyse des entretiens en facilitant le classement par thèmes et sous-thèmes des extraits sélectionnés. De plus, les logiciels permettent de créer rapidement des représentations graphiques schématisées du matériau recueilli afin d’en faciliter la compréhension par le plus grand nombre.

Exemple : les typologies d'acteurs

Ce type de méthode permet notamment de construire des typologies d’acteurs. Nous travaillons principalement à partir des données collectées, tout en nous inspirant de typologies existantes. Nos typologies permettent de comprendre rapidement et concrètement la diversité et les rationalités des pratiques, savoirs et croyances observés, illustrées à l’aide d’indicateurs à la fois qualitatifs et quantitatifs.
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Exemples de résultats issus de l'analyse thématique

Pour aller plus loin...

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Bertaux, Daniel, et François de Singly. 2003. Les récits de vie: perspective ethnosociologique. Paris: Nathan.
Campenhoudt, Luc van, Jean-Michel Chaumont, et Abraham Franssen. 2005. La méthode d’analyse en groupe: applications aux phénomènes sociaux. Paris: Dunod.
Olivier de Sardan, Jean-Pierre. 2008. La rigueur du qualitatif: les contraintes empiriques de l’interprétation socio-anthropologique. Anthropologie prospective, no 3. Louvain-La-Neuve: Academia-Bruylant.

Méthodes mixtes

Exemple : les questionnaires qualitatifs

Nous ne visons pas ici l'échantillon statistiquement représentatif spécifique aux enquêtes quantitatives, nous travaillons sur des échantillons “raisonnés”, ne visant ni l’exhaustivité ni la régularité, mais plutôt à recueillir la plus grande variété de profils, de points de vue et témoignages possibles sur un sujet. C’est souvent à partir d’un nombre restreint de cas que l’on peut découvrir des mécanismes sociaux, des logiques sociales de grande ampleur. Nous travaillons sur des formats de questionnaires courts ou longs, en ligne ou sur papier, en interposant systématiquement des questions fermées (qui permettent un traitement statistique des données) et des questions ouvertes (qui permettent des explications plus complexes et qualitatives des problèmes posés).

Le recueil de données mixtes possède l’avantage de ne pas se focaliser sur un type de matériau et ainsi de s’éloigner d’une forme de “monopole des sources”.

Le graphique ci-dessous a été réalisé à partir de données mixtes :
Exemple de graphique réalisé à partir de données mixtes
Graphique représentant une typologie de consommateurs d'énergie en fonction de leur motivation à faire des économies d'énergie et de leur besoin exprimé en chaleur

Pour aller plus loin...

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Journal of Mixed Methods Research, journal de référence dans le champ des méthodes mixtes.
Marie-Renée Guével, Jeanine Pommier« Recherche par les méthodes mixtes en santé publique : enjeux et illustration », Santé Publique 2012/1 (Vol. 24), p. 23-38. DOI 10.3917/spub.121.0023 Pluye, P. (2012), « Les méthodes mixtes pour l’évaluation des programmes », in V. Ridde, C. Dagenais, Approches et pratiques en évaluation de programme, Montréal, Presses de l’université de Montréal.

Méthodes participatives et appui à la concertation

Nous avons à cœur de favoriser l’inclusion des populations locales dans les processus décisionnels et de recueillir la parole des habitants les moins visibles, souvent absents des processus de concertation. Les méthodes participatives permettent de favoriser le sentiment de prise en compte et d’améliorer la compréhension des besoins réels des populations locales.

Exemple : les ateliers participatifs

Nous animons des ateliers avec les habitants. Nous utilisons pour cela des méthodes innovantes favorisant la participation de tous, en prenant soin de n’exclure aucune partie prenante.

Pour animer ces ateliers nous mobilisons des méthodes et outils d’intelligence collective favorisant la participation de tous : débat mouvant, représentations graphiques, jeux de rôle, etc. Nous veillons particulièrement à installer un cadre convivial et sécurisé où chaque participant se sent pleinement écouté.

Quel intérêt pour les commanditaires?

Les recherches sociologiques que nous menons constituent de véritables aides à la décision pour les commanditaires pour qui la proximité avec le terrain est parfois complexe, ne serait-ce que par manque de temps. Ainsi, ils peuvent avoir une vision plus claire et affûtée du point de vue des populations concernées et ajuster leurs projets en fonction des besoins et des attentes. De plus, la participation des habitants est récemment devenue une nouvelle injonction législative, notamment dans le cadre de projets urbains et tend à s’amplifier dans tous les domaines.
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Photographie d'une cartographie des services réalisée par les habitants d'un quartier des Hauts-de-France lors d'un atelier participatif

Pour aller plus loin...

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Dionnet, Mathieu, Amar Imache, Elsa Leteurtre, Jean-Emmanuel Rougier, et Aleksandra Dolinska. 2017. « Guide de concertation territoriale et de facilitation ». Creative commons - Lisode.

Notre démarche en résumé :


Itérative :
En sciences humaines et sociales, la démarche itérative signifie que l’enquête se construit progressivement dans un mouvement dialectique entre le chercheur et son objet de recherche. L’interprétation des données se fait au fur et à mesure de leur collecte, permettant d’affiner le recueil des prochaines données. De ce fait, des réajustements méthodologiques sont faits en permanence et permettent de s’adapter au mieux au contexte de l’étude.

Inductive :
La construction progressive du cadre d’analyse s’effectue à partir des discours et des catégories de pensée des populations enquêtées, afin d’une part d’observer la réalité plutôt que de chercher à vérifier ses idées préconçues, et d’autre part, de veiller à ne pas instaurer de rapport de hiérarchie pouvant nuire à la collecte des données et dans une optique inclusive.

Triangulaire :
Le premier sens de la triangulation en Sciences Sociales est de travailler avec une diversité d’acteurs en fonction de leur rapport au sujet ou projet étudié, afin de croiser leurs points de vue, de s’intéresser aux contrastes de leurs propos, mais aussi de “recouper” les informations. Nous utilisons également ce terme dans un autre sens, celui de croiser les méthodes de collecte de données, afin de pouvoir analyser une situation sous différents angles : un interlocuteur ne nous donnera pas exactement les mêmes informations pendant un entretien ou lors d’une observation par exemple. Sans être contradictoires, ces deux types d’informations se complètent et évitent de se focaliser sur les premières impressions recueillies.