Méthodes qualitatives

Nous utilisons différentes méthodes d’enquêtes qualitatives issues des sciences sociales permettant de collecter les discours des acteurs d’un projet. Parce qu’ils sont les mieux placés pour parler d’eux-mêmes et de leur quotidien.Nous attachons une importance particulière à travailler à partir des termes employés par les acteurs. Ces termes nous permettent de présenter fidèlement l’expertise d’usage développée par les acteurs, mais aussi de présenter l’analyse pratique qu’ils font de leur quotidien, de leurs situations, voire de leurs rationalités.

Parmi l'ensemble de ces méthodes, voici celles que nous employons le plus régulièrement :

1. L’observation de terrain


Nous opérons une immersion sur le terrain d’enquête et essayons d’être au plus proche de la population enquêtée. Notre pratique du terrain nous permet d’instaurer un rapport de confiance limitant les effets liés à notre présence. Cette méthode permet également de susciter de nombreuses discussions informelles, qui permettront d’approfondir certaines questions, de questionner des paradoxes, mais aussi de confronter le discours, les représentations véhiculées par les acteurs à l’observation directe de leurs pratiques.
Planches réalisées par Maẽl Portzer lors de la phase d’observation de terrain pour un projet de recherche-action à Wazemmes.

2. Les entretiens semi-dirigés


Méthode d’enquête classique de la socio-anthropologie, les entretiens qualitatifs permettent d’interroger en profondeur les logiques des acteurs. L’entretien semi-directif consiste en un dialogue entre le chercheur et la personne interrogée (au sens où les conditions d’enquête sont le plus proche possible d’une conversation – il ne s’agit surtout pas d’un interrogatoire). La personne interrogée est sollicitée, par exemple, pour ses connaissances ou son appartenance à un groupe social étudié dans le cadre d’un travail de recherche. La discussion est guidée par un guide d’entretien qui est construite au préalable en fonction de thématiques importantes à aborder, mais il reste libre dans sa forme et dans son déroulement. Il est généralement enregistré et retranscrit, afin de pouvoir permettre un travail de restitution précis des termes et postures de nos interlocuteurs.

3. Les entretiens de groupe
(ou focus group)


En réunissant différents acteurs et en utilisant les méthodes de l’entretien couplées aux techniques de facilitation de groupe, les entretiens de groupe permettent de travailler sur leurs pratiques et logiques communes, tout en les impliquant directement dans la production de l’analyse.
Méthodes_quali_Entretiens-de-groupe
Focus groupe avec les habitants réalisés à Coudekerque-Branche en 2019, afin de décliner les éléments du diagnostic des besoins et attentes en actions à mener sur le quartier.

4. Marches exploratoires


Si la marche est le premier moyen de parcourir un territoire, elle invite également à une « prise de contact » avec des éléments moins visibles, plus subjectifs. En combinant les discours des acteurs interrogés et les données collectées sur le vif, il s’agit de prendre conscience des qualités, des ressources, et des limites de chaque territoire.
Marche exploratoire menée en 2019 à Boulogne-sur-Mer, dans le cadre d’une étude sur l’accès égalitaire aux services et aux espaces publics entre les hommes et les femmes.
Sur un parcours d’environ 2km, des femmes du quartier ont participé aux marches exploratoires. Des appareils photos jetables leur ont été confiés avec pour consigne de photographier les lieux qu’elles fréquentent et ceux qu’elles aimeraient voir rénovés. La restitution photographique des données recueillies lors des marches a notamment permis une appropriation, par le plus grand nombre, des thèmes de la rénovation urbaine.

5. Les cartes à dire d’acteurs


Il s’agit d’une démarche innovante permettant d’interroger, entre autres, les notions de « participation », d’« usage » et de « mobilité » que nous mobilisons dans la rénovation urbaine, mais qui peut aussi se décliner dans d’autres contextes.

À l’heure où de nouvelles formes de cartographies voient le jour, mettant toujours plus en avant la subjectivité des acteurs de l’espace et de la ville, ces cartes originales, réalisées en combinant différentes méthodes de collecte de la parole des habitants (entretiens, marches, etc.). Elles questionnent de manière ludique la multiplicité des usages et des représentations de l’espace, tout en apportant des éléments d’observation concrets aux acteurs de la rénovation urbaine.
Méthodes_quali_carte-à-d'ire-d'acteurs_boulogne-final
Production d’une carte à dires d’acteurs à l’issue d’un focus group à Boulogne-sur-Mer sur la thématique de la place des femmes dans le quartier du Chemin Vert.